VIEUX KOUBA
par Berthilde SERRA-NADIER

Bien que née à Alger, j'ai vécu et grandi à VIEUX-KOUBA. C'est dans ce petit village si cher à mon coeur que j'ai vécu mes plus belles années d'enfance, d'adolescence, et de femme... Mes parents M. et Mme SERRA Antoine tenaient l'unique petit café du village appelé le "café des colons", dans la rue Lesueur, presque en face du stade, devenu plus tard le campement des américains venus dans les années 42/43, puis converti en Centre des Invalides ...
Mon papa Antoine SERRA était très connu à El Biar pour avoir tenu le café "L'étoile du Sahel" pendant 1O ans, puis il était connu à Kouba et tous ses environs, quand, propriétaire du café de Vieux-Kouba, il accueillait les joueurs de boules qui venaient faire des concours inter-villages, sur la place Jeanne d'Arc, celle-là même que vous avez photographié en prenant en photo ma petite école ...Sur cette place se passait aussi le bal pendant les fêtes annuelles de VIEUX-KOUBA qui duraient trois jours, les baraques étant alignées tout le long de la rue Lesueur jusque devant le café...Ces fêtes attiraient un monde fou venu de partout, Alger, le Ruisseau, Hussein-Dey, Birkadem, Birmandreis, Chéragas etc etc. cela faisait beaucoup de monde sur cette place, et pendant que les enfants tournaient autour des manèges et des baraques à loterie, les parents montaient au café se désaltérer, et voilà pourquoi mes parents étaient si connus !
Moi j'ai donc fréquenté cette école dirigée à l'époque par Monsieur Rougé , directeur et maitre d'école pour les grands, au 1er étage, et Mme Larmande, d'abord puis Mme Touzillier ensuite, au rez-de-chaussée pour les petits de maternelle jusqu'au CP. J'ai été élève de cette école de mes 4 ans à mes 12 ans, puis j'ai fait ma 6ème et ma 5ème au Ruisseau, rue du Ruisseau , parallèle à la rue Polignac où se tenait l'arrêt des bus terminus qui montaient à Kouba.
Puis j'ai continué jusqu'à la 3ème à l'école Chazot de Champs de manoeuvre où j'ai passé mon brevet élémentaire, à l'âge de 15 ans. Puis je n'ai plus voulu continuer et je suis alors allée apprendre la sténo-dactylo à l'école Pigier qui était située dans les escaliers Wagram, si je ne me trompe, des escaliers qui continuaient la rue Weiss à coté de l'hôtel Aletti...à l'Agha et qui aboutissaient à la rue d'Ysly, début de la rue Dumont d'Urville!
Lorsque j'ai obtenu mon CAP de sténo-dactylo, j'ai travaillé   dans les bureaux de l'Assistance Publique, vers la rue d'Ysly pas loin des Galeries de France, je crois, je ne me rappelle pas le nom de la rue exactement... c'était l'époque où les bombes explosaient aux arrêts de bus à 5 ou 10 minutes d'intervalles les unes des autres...
Enfin cela est du passé, n'en parlons plus!!
Mais pour revenir à Vieux-Kouba qui me tient très à coeur, je précise que je me suis mariée à 17 ans avec un pied-noir de "la Croix", (une rue avant le cimetière), et que je suis revenue habiter chez mes parents qui, entre temps avaient vendu leur commerce au bout de 10 années d'exploitation, fatigués qu'ils étaient, et voulaient vivre tranquilles, ils ont donc acheté un terrain juste en face du café et ont fait construire leur petite villa. Sur le lopin de terre voisin mitoyen, une autre maison s'est construite qui appartenait à Mme et M. FARRER.
Dans cette villa j'ai vécu avec ma mère, avec mon mari et mes enfants qui , eux sont nés à la clinique "ATTARD" juste en face la Ste Enfance, pensionnat catholique où j'apprenais mon catéchisme à l'âge de 7/8 ans...
Vous voyez, je suis plus une "Vieille- Koubéenne" qu'une "Koubéenne", J'avais dans ce village tous mes amis d'enfance, d'adolescence et puis de femme (dont quelques-une que j'ai eu le bonheur de revoir après 40 ans, grâce à votre journal qui avait publié un article que je vous avais envoyé sur Vieux-Kouba, où j'avais demandé une recherche sur les familles Deveza, Vines, Cardona, Carrerras et d'autres....
La fille Deveza Michèle m'a appelée la première, c'était ma meilleure amie à peu près de mon âge, elle était fiancée toute jeunette à un beau garçon à peine plus âgée qu'elle Armand Vinès (lotissement Boirie), avec lequel elle s'est mariée plus tard et sont toujours ensemble et heureux, aux alentours de Toulouse.
Ses parents étaient charcutiers et tenaient un magasin à la Croix. A chaque "cochonade", les gens du village qui le voulaient , allaient aider le père Augustin DEVEZA. Moi petite fille encore, je m'y rendais avec ma mère, et c'était toujours une grande fiesta pour tous les gens qui y allaient aider à faire le boudin, les saussisses, les patés etc
Pendant ce temps-là, nous, les gosses on s'ébattaient dans les vignes et les champs environnants, car la Maison Deveza était située en dehors du village sur la route des "Sources", et là c'était la campagne , la vraie, la liberté.....
Puis le soir venu, après une journée harassante, une grande table était installée dans la grange et tous étaient invités à déguster cette merveilleuse charcuterie de chez nous inimitable...La soirée se terminait tard dans les rires et les chansons, et aussi quelques tours de valse , et puis tout le monde rentrait chez soi en emportant un "petit paquet" offert par le maitre des lieux...Ce sont là des souvenirs inoubliables pourtant à cette époque je n'avais que 6/7 ans!!!!!
Le père de Michèle, Augustin DEVEZA avait aussi fondé une clique avec tous les gars de Kouba et Vieux-Kouba qui le voulaient bien, et c'était lui et sa fanfare qui ouvrait le bal lors des fêtes de Vieux-Kouba, et qui nous réveillait les matins du 14 juillet, en défilant dans les rues du village à grand renfort de tambours, grosse caisse et trompettes..
il était aussi très connu à Kouba pour son excellente charcuterie, et aussi parce qu'il était président de je ne sais plus quel club...
Je le revois encore assis sur le siège avant du char-à-banc,rènes en mains pour diriger son cheval, véhicule antique qui lui servait aussi bien pour transporter ses cochons, que pour balader toute la marmaille que nous étions et nous emmener à la plage à Fort-de-l'eau.....
 
Je n'ai pas eu la chance de me voir sur les photos de classe de Vieux-Kouba, publiée, je crois par Mme Paule Quilès, pourtant je me rappelle bien avoir vu plusieurs fois au cours de ma petite scolarité , un photographe, voile noir sur la tête, nous prendre en photo dans la cour de l'école....soit j'étais absente ces jours-là car j'étais très souvent malade dans ma petite enfance....soit ces photos où je figurais sont perdues au fond des tiroirs ou des armoires et ne vous sont pas envoyées....Dommage ! Par contre, j'y ai vu mes amis d'enfance : Michèle et Marie-Thérèse DEVEZA,
Maryse ROUGE la fille de l'instituteur, Paul Torregrossa que j'ai revu à Port Leucate en 2002, Henriette CARDONA, et d'autres dont les noms m'échappent....
 
Voilà je suis arrivée au bout de mon histoire concernant mes années à Vieux-Kouba. Après bien plus tard j'ai vendu la maison de mes parents, pour suivre mon mari dans ses déplacements professionnels, dans le Sud, M'Sila, Sétif, Borj-Bou-Arrerridj, d'où nous sommes partis en 1962 pour rejoindre la France....

J'ai lu dans l'avant-dernier numéro un article sur Vieux Kouba écrit par Mme Paule Vella, article où je me suis reconnue complètement, ainsi que les lieux qu'elle cite, en effet nous avons fréquenté la même petite école, même si c'est à quelques années d'intervalle....Au mur de la classe de Monsieur Rougé, il y avait effectivement Blanche Neige  et les 7 Nains, ces dessins avaient été exécutés par quelques garçons qui avaient un bon coup de crayon, et qui faisaient partie de ma classe, Je les ai donc vu dessiner, puis découper et colorier cette Blanche-Neige et ses 7 nains!!!!
Je me souviens moi aussi de ces veillées sous les fenêtres de l'épîcerie Pons, plus exactement sur le trottoir d'en face , sous un  arbre séculaire
qui dépassait de la propriété Colomar....Madame Vella devait habiter pas loin de la fontaine du village, sur le même trottoir que les Pons, les Mascaro, qui étaient parents de ma mère. En descendant la rue Bernard Palissy, à la suite de Mascaro, il y avait la maison Carrerras où vivait une de mes meilleures amies d'enfance, Germaine du même âge que moi/ Puis plus bas dans la rue, il y avait une vieille maison où était une vieille dame, Mme Guerminet qui tenait la cabine téléphonique du village, car bien sûr, personne ou presque ne possédait le téléphone chez soi !
 
Enfin toujours en descendant, on rencontrait la rue Lesueur, où était le 'café des Colons' qui avait appartenu à mes parents, et qu'ils avaient vendu ensuite à M et Mme JUAN, il se situait sur la gauche de la rue Lesueur ,en descendant la rue B. Palissy, sur la droite et toujours dans la rue Lesueur, il y avait mon école (la facade avant surmontée d'une grille).....
 
Puis on traversait la rue Lesueur et on longeait la villa de mon père qu'il avait fait construire après la vente de son commerce. Puis tout en la longeant le long de la rue B. Palissy on arrivait à la place Jeanne d'Arc, dont elle faisait l'angle de droite, à l'autre angle de gauche, on retrouvait l'arrière de l'Ecole....Puis sur la place même il y avait une droguerie nouvellement construite et tenue par M. et Mme Limongi,( des nouveaux venus au village). Ce fut la première maison batie sur le terrain des vignes, où plus tard devait pousser le lotissement Boirie...
 
Voilà je pense que ces précisions feront plaisir à Mme Vella, et qu'elle reconnaitra bien les lieux cités.
 
Quant au trolley qui déservait Vieux-Kouba, je l'ai bien connu puisque je le prenais chaque matin pour me rendre à l'école du Ruisseau d'abord, puis plus tard je courais pour attraper le tram qui m'emmenait à l'école Chazot de Champs de Manoeuvre, puis encore plus tard à l'école Pigier, rue Weiss.
 
Les Fêtes de Vieux-Kouba


Les Fêtes de Vieux-Kouba qui avaient lieu chaque année en septembre et s'étalaient sur 3 jours;

Les CONSCRITS


Comme c'était la tradition, les jeunes qui atteignaient 19 ans devaient passer devant un conseil de révision qui statuait sur leur aptitude à effectuer le service militaire.

Le fait d'être déclaré apte était l'occasion de "fêter" joyeusement cela en défilant dans les rues et en se faisant remarquer bruyamment.

Ici le conscrits de Vieux-Kouba on reconnait :

TORREGROSSA

LLORET

DI MEGLIO

SOULIER

 

 

 

 

 

En 1977 Berthilde SERRA est retounée à Vieux-Kouba


La maison de Berthilde SERRA

Avec mes amies DEVEZA (Manou et Michèle)