A nos Concitoyens

S'il est bon, s'il est nécessaire que la critique s'exerce, du moins faut-il que ce soit avec impartialité. Or, l'impartialit, ne va pas sans la connaissance. C'est pourquoi ceux qui se confient au jugement de l'opinion ont voulu qu'elle soit pleinement éclairée. Tel est le but de cette publication.
C'est en ces termes que, en l'an de grâce 1931, la Municipalité d'alors inaugura le "Bulletin Minicipal" de la commune de KOUBA.
Il na deavit pas vivre longtemps ce pauvre bulletin; au seuil de sa sixième année, en effet, alors que jamais besoin ne sen serait fait plus sentir, ceux-là mêmes qui l'avaient conçu, le condamnèrent à mort.
Que s'est-il donc passé ?
Hélas, lors des élections municipales de 1935, pour la première fois, un coin avait été enfoncé le front jusque là compact des majoriés antiques et chloroformées. De nouveaux conseillers furent élus, réellement épris ceux-là, de cette clarté proclamée si nécessaire; ils s'émurent de voir des points resté confus dans maints projets, ils osèrent réclamer d'indispensables précisions, désireux de collaborer à l'oeuvre pour laquelle ils étaient délégués, en toute connaissance de cause.
Et voilà que le fameux bulletin enfanté pourtant pour déversser sur la population le lumière, toujours plus de lumière, mourut quand justement cette lumière était réclamée le plus impérieusement dans l'assemblée des élus Municipaux.
Ayant vécu sans portée et sans gloire il fut supprimé sans pudeur; à peine prit-on le soin de motiver siphistiquement sa disparition en arguant d'exigences d'économies à réaliser alors que dans le même temps on surchargeait copieusement vos budgets familiaux de centimes additionnels pour élever un somptueux Hôtel-de-Ville-Palace.
Une année vient donc de s'écouler au cours de laquelle l'autocratie d'un Maire omnipotent s'est encore accentuée. Non content d'avoir supprimé toute possibilité pour ses Administrés de suivre facilement des débats souvent peu édifiants, il a raréfié à l'extrême les réunions de travail du Conseil Municipal et les destinées de notre chère commune sont fixées sans contrôle, par quelques privilégiés, dans le mystère de délibérations privées. Ne pouvant, en un mot, museler une opposition génante, parce-qu'elle frappait juste dans sa vraie compréhension des multiples problèmes locaux et sociaux, il a été créé la conspiration du silence autour de la vie communale avec la complicité d'une majorité de plus en plus asservie.
Devant un tel état de choses, voyant que la possibilité de remplir le mandat que nous tenons de

la volonté populaire est de plus en plus réduite, nous avons été obligés d'envisager la créationd'un Journal que nous offrons en ce début d'année 1937: L'EVEIL DE KOUBA, premier journal local d'intérêt communal.
Bi-mensuel et d'un format modeste, car nos ressources sont minimes et notre temps limité, L'EVEIL DE KOUBA sera avant tout votre Journal. Ce que nous souhaitons ardemment c'est qu'il soit utile ; quant au surplus de sa destinée il est entre vos mains, elle sera brillante si vous voulez bien et si vous secondez nos efforts par votre collaboration et votre appui.
En faisant de ce journal l'organe de la minorité du Conseil Municipal, que nous composons actuellement nous n'entendons en exclure personne et nous nous tournons vers nos Collègues qui peuvent officieusement approuver notre politique communale, mais hésitent à se détacher de la majorité, plus pour des raisons sentimentales, peut-être, que par contentement de lui être incorporée. A ceux-là, nous demandons une franche collaboration, utile à l'oeuvre que nous voulons accomplir, mais il importe qu'ils se pressent car la solidarité que nous désirons avoir avec eux, n'aura sa réelle valeur pour nous que dans la période difficile des nos débuts. Nous n'aurons que faire des opportunismes une fois le succès assuré.
Cet appel pressant à la collaboration de tous ceux qui dans notre chère commune veulent participer avec nous au développement et à la grandeur de KOUBA, vous montre clairement notre premier desein : unir pour le bien de tous et non pas diviser. Mais si l'union ne peut se faire que dans la paix nous n'admettrons jamais qu'au nom de l'apaisement désiré par nous autant que par quiconque les bénéficiaires de certains abus, comme les responsables des destinées communales, puissent continuer à mépriser les intérêts et les besoins qu'ils ne cherchent même pas à connaître d'une population importante privée d'hygiène, de sécurité et de confort.
Et notre deixième dessein sera donx de combattre quand il le faudra et comme il le faudra avec toute la force que nous tirons de notre indépendance chaque fois que nos intérêts généraux seront, soit méprisés, soit subordonnnés à la satisfaction préalable d'intérêts privés.
Par sa situation géographique admirable, par son altutude qui lui assure une température idéale l'été, par son étendue propice à un développement considérable, notre commune est peut-être plus privilégiée de toutes celles ceinturant ALGER. Qu'ont fait jusqu'à présent notre Maire et ses

séides pour tirer parti de tant d'avantages naturels ?
Nous ne pensons pas être contredits en répondant : presque rien.
Nous nous emploierons dans nos prochains articles à vous le démontrer, car vous avez le droit qu'on vous rende compte d'une gestion stérile et ruineuse à la fois, dont en définitive vous seuls faites les frais.
Nous reprenons donc au compte de L'EVEIL DE KOUBA la belle formule de 1931, qu'ils ont rejetée honteusement et certains de la servir avec fidélité et désinteressement, nous attendons avec confiance votre jugement.

BECCAREL Henri, CUNIN Adolphe,
DUCROS Pierre, GRASSER Charles,
Conseillers Municipaux


(Voir la partie officielle, page 3, le texte du procès-verbal n°74 relatif à la suppression du Bulletin Municipal).

Notre Plan

Ayant défini par ailleurs les motifs de la création de L'Eveil de Kouba et fait connaître les buts que nous nous proposons, nous croyons devoir préciser à nos collaborateurs éventuels le plan que nous désirons donner à notre journal.
toute intention politique en étant exclue nous nous bornerons en ce qui nous concerne les divers partis qui se partagent les idées actuelles, de quelque nuance qu'ils se réclament, à insérer strictement leurs avis de réunion.
Par contre, nous ouvrons largement nos colonnes au Syndicat des Contribuables de Kouba pour la défense de ses intérêts, le soutien de ses revendications qui, dans la plupart des cas sont l'objet de nos préoccupations.
Nous serons heureux de publier également

toutes les communications, convocations et compte-rendus des nos sociétés locales et leurs Présidents trouverons près de nous un accueil empressé s'ils sollicitent un avis, un conseil, une aide pour la réalisation de leurs projets.
Enfin pour permettre d'étuduer tous les problèmes concernant particulièrement chaque lotissment nous espérons que tous les Syndicats existants voudront bien collaborer à l'oeuvre d'assainissement entreprise.
Dans tous les domaines nous voulons être à la disposition de la population de Kouba et nous serons heureux et fiers de l'aider à réaliser ses espoirs les plus chers.

LA REDACTION

 

 

NOUS SOMMES LE 16 JANVIER 1937.....

Qu'attend le Maire de KOUBA pour présenter à son Conseil Municipal le Budget primitif de l'année en cours.....

A-t-il voulu épargner des étrennes désagréables aux contribuables koubéens ?....

Voici l'Hôtel-de-Ville Palace qui, à défaut d'égouts, d'écalirage et de sécurité remplira d'aise les contribuables de Kouba
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